Courir les rues ; Battre la campagne ; Fendre les flots
'Oui, jusqu'au bout de sa vie, et avant ce dernier chef-d'œuvre que sera Morale élémentaire, Queneau est resté poète, dans cette étrange zone intermédiaire où le lyrisme et la satire font bon ménage. Une œuvre qui se mérite, car ses vertus de séduction trop évidentes cachent souvent sa profondeur. Une sensibilité qui rougirait de s'exhiber, un sens du comique qui sert d'exorcisme. Une modernité qui se paie le luxe d'utiliser encore le vieil alexandrin ou le sonnet prétendument disparu de la poésie moderne, un goût des mots inséparable d'une appréhension dramatique de l'existence et du monde. Questions multiples, légèrement posées, et si lourdes ! Qui a mieux que lui, dans la poésie française, illustré l'esthétique préconisée par Apollinaire en 1917, dans sa conférence sur "L'Esprit nouveau et les poètes" ? : "Il n'est pas besoin pour partir à la découverte de choisir à grand renfort de règles, même édictées par le goût, un fait classé comme sublime. On peut partir d'un fait quotidien : un mouchoir qui tombe peut être pour le poète le levier avec lequel il soulèvera tout un univers."' Claude Debon.
Raymond Queneau. L'Instant fatal
poèmes ...
Lamba
Poeme
Amen ; Récitatif ; La tourne
Récitatif:Entre la parole commune et la musique, en effet un récitatif, entrecoupé de chants. Entre la confidence et la méditation, peut-être une autobiographie, çà et là transposée par des voix anonymes : passant par le détour délectable et violent de la poésie.La tourne:Ces poèmes traduisent avec une exceptionnelle sûreté de touche la quotidienneté des heures vécues et la beauté de certains lieux. À travers leur musique le lecteur perçoit des éléments autobiographiques.
Ferraille,Plein verre,Le Chant des morts,Bois
(Suivi de) Pierres blanches
Quatre des recueils rassemblés ici ont été détachés de ##Main d'oeuvre, poèmes 1913-1949## (Mercure de France); tout comme ##Sources du vent## déjà publié dans la collection ##Poésie##, Gallimard. La présente édition, dotée d'un petit appareil critique, propose en appendice ##Pierres blanches##, publié en 1930, mais composé bien avant sa parution. Trois portraits de Reverdy, p. 243-245, par Breton, Aragon et Brassaï. [SDM].
La course
nouvelles poésies itinérantes et familières, 1993-1998
Tramways à BobignyLe long d'un boulevard désert, par un soir soucieux, J'ai vu venir les beaux tramways silencieux. L'un, grandissant comme une étoile qui miroite, Venait de l'avenir sur une ligne droite. En sens inverse l'autre a surgi d'un tournantParmi des arbres et des fleurs, énorme et patinantDe tout son poids mais souplement contre l'asphalte. Ils se sont arrêtés ensemble au niveau de la halte. Leurs portes à coulisse ont manoeuvré sans bruitPour laisser descendre ou monter quelques dames paréesComme des reines de Saba : vertes, mauves, dorées. Au même instant cinq cents fenêtres ont reluiDu haut en bas des grands immeubles : un nuageS'était déchiré dans le ciel et j'ai levé les yeux. Quand je suis revenu sur terre, le virageEt l'infini des rails avaient, jusqu'au sillage, Absorbé les deux beaux tramways silencieux.
Les ruines de Paris
De Belleville à Passy, de Montmartre à la Butte-aux-Cailles, d'Antony à Saint-Ouen, il n'y a qu'à se laisser guider par les pas et les mots d'un promeneur tour à tour (ou ensemble) nuageux, curieux, inquiet, hilare, furibond, tendre, ahuri, à travers les arrondissements et banlieues de Paris qui éclatent, agonisent ou résistent encore sur leurs secrets. Et puis au-delà, dans les campagnes où le réseau intelligent des rails épouse l'équilibre et les fuites du paysage, vers une petite route de Bretagne, une pâtisserie à Vienne, les ponts de Fribourg. Mais toujours au rythme de la marche ou des trains, imitant le rebond plein d'espoir de la basse ambulante, en jazz, sur bon tempo. Sans cesse on repart, on recommence, cherchant de halte en halte le pourquoi sans réponse, le comment à la fois lyrique et familier de ce mouvement, pareil au monde lui-même qui resurgit sans cesse de ses ruines - où nous passons.
Pierre Reverdy
une étude de Jean Rousselot, un essai de Michel Manoll
Plupart du temps, 1915-1922
Sources du vent
Précédé de La balle au bond
Onze études sur la poésie moderne
Reverdy, Perse, Char, Eluard, Ponge, Guillevic, Schehadé, Bonnefoy, du Bouchet, Dupin, Jaccottet. Quel est le projet de ces études ? Saisir la création littéraire à son origine, surprendre la conscience poétique au moment où elle se découvre à elle-même dans l'aventure d'un monde et d'un langage. Pour chacun des poètes considérés, l'auteur a tenté de dessiner les grandes lignes de son univers imaginaire : système de sensations favorites, de formes préférées, d'images récurrentes paysage mental né du paysage réel, et l'inventant cependant, le réarticulant dans un espace neuf de mots et de choses.
Les soliloques du pauvre
suivi de, Le coeur populaire
Oeuvres
Arthur Rimbaud
présentation et anthologie
" J'ai seul la clef de cette parade sauvage ", disait Rimbaud. Les gloses et commentaires de ses poèmes sont pourtant innombrables. Mais c'est à une approche personnelle que se livre le poète Lionel Ray, à la recherche de ce qui constitue, pour lui, la singularité d'une écriture. Les œuvres font l'objet d'une présentation chronologique, qui souligne combien elles épousent le rythme fiévreux et violent de la vie de Rimbaud, tout en apparaissant comme autant d'étapes de l'aventure des possibles du langage.
Poésies
Jules Romains, Presentation Par Andre Figueras. Choix De Textes, Bibliographie, Dessins, Portraits, Fac-Simile, Poemes Inedits
La vie unanime
poème, 1904-1907
Les quatre saisons de Ronsard
Oeuvres poétiques
Ronsard Par Lui-Meme (Presente Par> Gilbert Gadoffre
Autobiographie, chapitre dix
poèmes avec des moments de repos en prose
E
poésie
La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains
cent cinquante poèmes, 1991-1998
Le poète rend ici un hommage non déguisé à son maître Raymond Queneau, co-fondateur de l'Oulipo, dont Roubaud est membre, et qui, le premier, le fit éditer chez Gallimard. Comme Queneau dans Courir les rues, Roubaud, en arpenteur infatigable de Paris, nous livre des poèmes composés durant la marche, qui nous aident à prendre la mesure de son monde.
Poésies complètes
" Je veux être poète et je travaille à me rendre voyant. Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens. C'est faux de dire : " Je pense. " On devrait dire : " on me pense. " Je est un autre. " A dix-sept ans, Rimbaud s'est déjà défini. Il veut vaincre les apparences, briser les carcans de sa ville natale, Charleville. D'emblée, ce fut un chasseur foudroyant d'images et de mots, une nature colérique qui chante la fureur et la vengeance sur le monde ignoble ou sur soi-même. Qu'il soit voyou génial, mystique jà l'état sauvage ou négociant à la fin de sa vie, Rimbaud a toujours rêvé de " voir ce que l'homme a cru voir ", l'enfer de la réalité ou la beauté de l'éden. Avide d'inconnu, le mot n'est plus pour lui expression mais signe. Et par la force de ses signes, " l'homme aux semelles de vent " nous fait palper le monde dans toute sa laideur et toute sa beauté.
Un petit rien-du-tout tout neuf plié dans une feuille de persil
Se pencher sur son passé, au risque de tomber dedans -, retomber en enfance, quoi !Sénescence = C'est naissance !Maurice a-t-il été enfant ? A-t-il été adulte ?Soudain il s'est senti vieux - très vieux - (deux mille ans). Un jour je suis né... ça commence bien !... Il ne manquait plus que ça !Donc - sans doute par la raison que "l'homme est une création du désir, et non une création du besoin" -, je suis né le jour des Morts. Voilà une belle façon de commencer (?) par le souvenir ! Car je ne me souviens pas de ma naissance, je n'y avais pas prêté attention. C'est comme si cela n'avait jamais existé. Mais pourtant, il paraît que si. Je dois m'en tenir à ce qui est inscrit sur le registre d'état civil, registre que je n'ai d'ailleurs jamais consulté. Je suis né, en effet, un deux novembre, à Clermont-Ferrand. Au-dessus d'un magasin d'articles funéraires dont la raison sociale A L'IMMORTEL expliquerait mon aspect provisoire, invariablement provisoire. Maurice Roche.
Les animaux de personne
Les animaux de tout le monde
Il y a beaucoup d'animaux, des longs des courts des gras des beaux, A chacun je donne un poème.
Quelque chose noir
poèmes
Le grand théâtre de Dieu
Max Rouquette
A la lisière du temps ; suivi de, Le Voyage d'automne
Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer?
épopée cosmogonique, géologique, hydraulique, philosophique et pratique en douze chants et en vers
Hors les murs
L'auteur, inspiré par Paris et sa banlieue, présente quelques vues de Javel et de Bercy, mai à Boulogne, la ligne 323 (d'Ivry à son terminus)...
L'herbe des talus
Ce livre est une promenade dans l'herbe, où brillent des yeux et des souvenirs. A travers les Highlands ou en Grèce, à Rome ou à Budapest, sur la Loire ou devant le caveau de famille, à pied ou en chemin de fer, c'est un peu d'herbe elle-même qui se promène dans le livre à son tour.
La douleur des seuils
poèmes
Victor Segalen
Victor Segalen (1878-1919) s'est situé toute sa vie à la frontière de l'histoire de l'art, de la sinologie, de l'ethnologie et de la musicologie (il entretint une amitié avec Debussy et tenta de collaborer avec lui), touchant à l'essai, au roman et à la poésie. Seules trois oeuvres de Segalen ont été publiées de son vivant : Les Immémoriaux, après son expérience en Polynésie, Stèles et Peintures. Un choix de poèmes, incluant ces deux derniers recueils ainsi que deux oeuvres posthumes, les Odes et Thibet est présenté ici, parties intégrantes du "cycle chinois", fruit des nombreux séjours en Chine que le poète effectua
Francis Ponge
présentation et anthologie
Un essai introductif à l'oeuvre poétique, un choix de textes significatifs, des documents iconographiques, une chronologie et une bibliographie.
Georgia, Epitaphes, Chansons, et autres poèmes
Choix de poèmes effectué dans l'oeuvre en vers de celui qui, parmi les fondateurs du surréalisme, est le plus réfractaire à la discipline de groupe. La période couverte est vaste : 1917-1983. Cinq titres sont intégralement reproduits : ##Westwego## - ##Georgia## - ##Epitaphes## - ##Chansons 1921##. Sept poèmes inédits en volume. Introduction de vingt pages. [SDM].
Philippe Soupault présenté par Henri-Jacques Dupuy
The Ruins of Paris
From Belleville to Passy, from Montmartre to La-Butte-aux-Cailles, from Antony to Saint-Ouen - Jacques Réda is a traveler in his own city of Paris. In the tradition of Baudelaire and Rimbaud, he is a nervous, rather unleisurely flâneur, unsettling and subverting preconceived ideas about travel and home. The Ruins of Paris echoes with the footsteps and the words of a wanderer by turns gloomy, curious, troubled, elated, angry, tender and confused (and sometimes all these things at once). We are led through the arrondissements and suburbs of Paris and beyond in a journey that moves to the rhythm of walking, of trains, to the hopeful tempo of upbeat jazz. Réda the wanderer is forever on the move: he constantly sets off, stops, begins afresh, treasuring movement itself while journeying from place to place. Journeys that are at once exhilarating and familiar, journeys that mirror life itself and a world that ceaselessly rises anew from its own ruins. Jacques Réda's book is both a poetic meditation on Paris and a haunting companion to its views and moods. "In France, Jacques Réda's prose writings are passed back and forth between friends with the enthusiastic secret-sharing that one associates with fan clubs. Membership requirements include a taste for precise, tenderly ironic prose, polished to a delicacy of finish rarely attained by contemporary French writers."--John Taylor, Times Literary Supplement
La Résistance et ses poètes. Deuxième partie, Anthologie
Pierre Seghers, poète, résistant de la première heure, et éditeur des poètes du monde entier, fut le premier à retracer en 1974, avec La Résistance et ses poètes, l'aventure individuelle et collective de la poésie française sous l'Occupation. Cet ouvrage de référence est composé d'un récit historique et d'une anthologie, qui intimement se complètent et se répondent.Dans cette anthologie, Pierre Seghers réunit une centaine de poètes qui eurent les mots pour armes. Leurs poèmes furent publiés en " contrebande " pour tromper la censure, écrits dans la clandestinité ou le maquis, depuis les prisons et jusqu'aux camps de déportation. Ils résonnent encore aujourd'hui tels des cris profonds et autant d'appels à la liberté. " À côté de noms déjà établis avant la guerre au cœur de l'avant-garde, mais que leur engagement fait définitivement entrer dans le canon des classiques (ceux qu'on étudie en classe) – un Aragon, un Desnos, un Eluard –, la surprise, pour le lecteur non prévenu, vient du foisonnement des anonymes, des inconnus et des méconnus. [...] Par-delà toutes les différences de qualité et de style qu'on imagine – et qui s'imposent à la lecture –, ces poètes ne font de la politique que parce qu'ils font de la poésie. [...] Seghers trouvera la formule qui fait mouche : "La poésie de la Résistance ne sera pas la poésie d'un parti politique, mais celle de l'homme en danger de mort'. " Extrait de la préface de Pascal Ory, de l'Académie française
La Résistance et ses poètes. Première partie, Récit
Pierre Seghers, poète, résistant de la première heure, et éditeur des poètes du monde entier, fut le premier à retracer en 1974, avec La Résistance et ses poètes, l'aventure individuelle et collective de la poésie française sous l'Occupation. Cet ouvrage de référence est composé d'un récit historique et d'une anthologie, qui intimement se complètent et se répondent.Dans ce récit, de la " drôle de guerre " à la Libération, des débuts de la Résistance à la guérilla organisée, Pierre Seghers suit pas à pas l'itinéraire de femmes et d'hommes précipités dans le labyrinthe des réseaux, le chassé-croisé des pseudonymes, et qui firent résonner la voix de la liberté au péril de leur vie. On y croise Aragon, Paul Eluard, René Char ou Robert Desnos et des figures emblématiques de résistants, tels Jean Moulin, Madeleine Riffaud, Lucie Aubrac ou Missak Manouchian, mais aussi nombre de poètes anonymes, parfois très jeunes, tous épris du même idéal. Près de cinquante ans après sa première édition, la force prophétique de ce livre demeure intacte. " Et c'est ici que le génie propre de Seghers peut continuer d'agir. Chez lui, les poètes ne sont ni désincarnés ni enfermés dans leur tour d'ivoire. Ce sont des êtres de chair et de sang. Sans doute est-ce à cette condition que leur voix peut encore parvenir jusqu'à nous. Tendons l'oreille. " Extrait de la préface de Pascal Ory, de l'Aadémie française
A la Vieill Parq Liber
Précédé de Libères
Signes et singes
A la nuit
poèmes Post-face
La fable du monde ; suivi de, Oublieuse mémoire
Le mystère est vécu comme une expérience sans cesse renouvelée et le vertige métaphysique se veut doucement apprivoisé, accordé à la respiration du monde, jusqu'au seuil de l'âge qui apporte avec lui la fragilité.
Le forçat innocent
suivi de Les amis inconnus
Les secrets de Polichinelle
poèmes
