Où j'ai laissé mon âme
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Roman
La narratrice partage les derniers temps de la vie de sa mère, à l'agonie, et raconte ces ultimes moments semés d'embûches ou d'instants de grâce.
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" En tout cas, dit-elle, je suis contente d'avoir passé cette soirée avec vous. Il se mit à rire. On ne trouve jamais complètement désagréable ou inintéressant quelqu'un à qui l'on plaît n'est-ce pas ? Elle fit une moue de sourire et de réflexion. Moi aussi je suis content, murmura-t-il. Il avait retrouvé la voix d'alcôve. Pourquoi êtes-vous content ? Dit-elle, au comble du bonheur à cause de la voix. Pff, fit-il, ses mains expliquant qu'on n'en savait rien. C'est comme ça et nous n'y pouvons rien, dit-il. Elle se délectait de cette conversation à la fois sincère et tendancieuse. Est-ce que cela vous est souvent arrivé ? Demanda-t-elle. Une affinité pareille ? Dit-il en riant. Elle fit signe que c'était bien la question. Jamais, dit-il avec fermeté ". A-F. Alice Ferney a déjà publié chez Actes Sud " Le Ventre de la fée " (1993), " L'Elégance des veuves " (1995) et " Grâce et dénuement " (1997, prix Culture et Bibliothèques pour tous ; Babel n° 439).
Je lance à la mère d'Ellie mon regard le plus noir. Car, non contente de me prendre en photo sous mon plus mauvais profil, elle décide maintenant d'utiliser mon portrait, oui vous avez bien entendu ! mon portrait, à sa propre gloire. Je serai sa première oeuvre dans son tout nouveau cours d'arts plastiques. Mais que croit-elle donc ? Je ne vais pas me laisser ridiculiser aussi facilement. D'autant que le tableau est accroché juste au-dessus du canapé, là où tout le monde peut l'admirer. Et là où je pourrais l'atteindre... Un livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls. ¦¦
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Paris, juin 2001 : trois jeunes gens soupçonnés de meurtre comparaissent devant un juge d'instruction. Il s'agit des jumeaux Léo et Camille, dix-sept ans, issus d'une famille très fortunée domiciliée un peu partout dans le monde, et de leur ami, Raphaël, vingt ans, originaire d'une petite ville de province et fils d'une employée de mairie. Ils se sont connus à l'âge de six et neuf ans respectivement, dans cette même petite ville où vivent les grands-parents des jumeaux. L'audition des témoins et le récit de Raphaël révéleront le secret de Léo et Camille et l'histoire des amants imparfaits. Récit d'une fascination de l'un par les deux autres, de solitudes partagées dans l'oubli de la loi sociale et sous la férule d'un Eros devenu vengeur, étrange dérive à trois dans un monde désormais sans repères, ce roman, par-delà la variation superbe qu'il constitue sur le thème de la gémellité et du double, narre l'irrésistible prise de pouvoir, sur un être jeune et vulnérable, d'un authentique sortilège. En forme de "ré-initiation" aux illuminations premières, les Amants imparfaits, en convoquant l'absolu du désir assassiné par un temps mortifère, relève sans doute tout autant d'une méditation sur les paradis perdus et les utopies que d'un questionnement sur l'innocence et la dépravation.
Les jeunes femmes enseignantes de français s'en vont parfois exercer leur métier à l'étranger. Il a été prévu un visa d'échange pour cela, des universités prestigieuses pour les maris et des écoles françaises pour les enfants. Mais ce qui n'a pas été prévu, c'est le peintre, rencontré par hasard dans le bas de la ville, bas-fond à vrai dire, et le peintre ne serait rien, mais il y a le tableau du peintre, et le tableau du peintre ne serait rien encore, mais il y a les couleurs du tableau du peintre... Et alors il ne s'agit plus de visa d'échange, ni d'enseignement, ni de mari, ni même d'enfant. Certains parleront d'empoisonnement, d'autres d'ensorcellement...
Des joggeurs aux poches pleines d'ordinateurs et de bébés ; un enfant qui se jette dans les jambes d'une étudiante et ne lâche plus prise ; une station de sports d'hiver où se profilent d'étonnants combats ; une balade en voiture qui tourne en reportage mortel ; un magasin de prêt-à-porter où les robes ont un pouvoir redoutable ; une nuit de guet au sommet d'un immeuble très particulier ; un mariage au bout d'une corde... Autant d'étrangetés qui se présentent à la narratrice de ces nouvelles. Chaque fois, elle vit intensément l'aventure inquiétante ou drolatique qu'elle nous raconte. Comment se situer entre le désir et la peur ?Le monde n'est pas une mince affaire pour la jeune Nadia qui s'affronte à son premier travail et qui veut à la fois la surface (la vie sociale, un mari) et le fond (la sécurité de son refuge d'enfant).
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" Personne ne savait que faire en cas de bonheur. On avait des assurances pour la mort, pour la voiture, et pour la mort en voiture. Mais qui nous protégera du bonheur ? Jean-Jacques venait de comprendre que ce bonheur, en devenant si fort, était la pire chose qui pût lui arriver. " Après Le Potentiel érotique de ma femme (Prix Roger-Nimier 2004), David Foenkinos nous emmène avec humour et ironie sur les chemins de l'adultère et du couple, " ce pays qui a la plus faible espérance de vie ".
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Après avoir collectionné, entre autres, les piques apéritif, les badges de campagne électorale, les peintures de bateaux à quai, les pieds de lapin, les cloches en savon, les bruits à cinq heures du matin, les dictons croates, les boules de rampe d'escalier, les premières pages de roman, les étiquettes de melon, les roufs d'oiseaux, les moments avec toi, les cordes de pendu, Hector est tombé amoureux et s'est marié. Alors, il s'est mis à collectionner sa femme.
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« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus, ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, c’est parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse... - Je vais prendre un jus... Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie. Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité ». La délicatesse a obtenu neuf prix littéraires et été traduit dans plus de quinze langues.
Les très-édifiants et très-inopinés mémoires des Pibrac de Bellerocaille
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Chronique villageoise gaspésienne - conçue comme un scénario de film. Selon M. Laurin, des "scènes cocasses campagnardes" composant une oeuvre digressive, grasse, aguicheuse et naïve. Une caricature d'intérêt limité. Prix Robert-Cliche 1990 (on peut se demander à partir de quels critères). [SDM].
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La déglingue " Ma mère était une rieuse, une moqueuse( ...) Pour elle, les locataires du soixante quatorze avenue Ledru Rollin - l'immeuble sordide où nous avions émigré après la faillite de papa - n'étaient pas madame Morel, monsieur Bénin, les Falkenberg ou les Paposki mais Belle-en-cuisses, le père Cocu-Content, les Mangeurs-de-pelures et les Grandes Oreilles (...) Et puis c'est elle qui est tombée. Un dimanche de février Tombée pas vieille. Entraînant dans sa chute tout ce qui me restait encore d'enfance. " Remo Forlani nous entraîne dans l'univers singulier des Italiens de Paris sous l'occupation. De la gare de Lyon au Palais Royal se joue une tragi-comédie dont les acteurs sont magnifiques. Chant d'amour pour une mère brisée par les malheurs et pour un père buveur grandiose et provocateur. Chronique violente et crue transcendée par un humour décapant, La déglingue est le premier roman de Remo Forlani qui soit autobiographique à cent pour cent.
Bien sûr, cette fête de dentistes et de femmes de dentistes et de relations de papa et maman, cette nuit, n'était ni plus ni moins débile que toutes les fêtes. Ils ont trop bu, trop fait de singeries, trop dansé, la robe de maman laissait trop voir ses jolis gros seins, et c'était la honte comme toujours. Mais ça aurait pu ne pas si mal tourner. Ça a mal tourné. Papa est parti, maman aussi. On est dimanche. Laurette et Jérôme, les grands, Manu et Paméla, les petits, le hamster et la souris sont seuls à la maison. On est lundi, papa et maman ne sont toujours pas rentrés, une autre vie commence.
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Roman
L'avocat Gilles Hector ignore qui est sa mère. Eclairagiste de cinéma, son père lui laisse à sa mort des photos et des bouts d'essai d'actrices, parmi lesquelles elle se trouve. Gilles se lance dans des recherches et rencontre une femme mariée qui considère les questions plus importantes que les réponses. Son enquête le mène aux studios de la Victorine.
Nouvelles
féminologie II
" C'est une voix a la fois insistante et retenue, chargée de passion, pleine d'une imagination créatrice, et révélatrice de secrets, une voix que je n'ai trouvée que dans Rimbaud... Ce que j'essaie de dire ici va beaucoup plus loin que reconnaître l'importance d'une des tendances du féminisme ; il s'agit de percevoir le passage, faut-il dire la mutation, d'une culture à une autre. " Ainsi s'exprime Alain Touraine à propos de ce qu'il appelle " le postféminisme " d'Antoinette Fouque. Ces essais de " féminologie " II démasquent " l'envie de l'utérus " sous le diktat freudo-lacanien d'une libido unique d'essence mâle et affirment une " libido creandi " grâce à laquelle le XXIe siècle sera " géni(t)al " ou ne sera pas. L'expérience de la gestation et la symbolisation de la génésique rendent possible le passage d'un mode de pensée idéologique et religieux à un mode de pensée scientifique et matérialiste.
De novembre 2000 à juin 2003, j'ai vécu au Caire. Cinq fois par semaine, chaque petit matin et sans jamais faillir pendant plus de cinq cents jours, j'ai donné des nouvelles à quatre-vingt-dix-huit amis. Je me levais tôt. J'écrivais à la main. Je tapais sur mon écran. J'envoyais. Sans me retourner, sans me lire ni me relire. Le reste du jour, je me tenais sur le qui-vive, guettant la chose vue, vécue ou entendue, qui serait le "poil de cairote" du lendemain. Je ne savais rien de l'Égypte et je m'y trouvais soudain pour travailler. Je me doutais simplement que c'était un ailleurs fort. De moi, je savais que j'étais une machine occidentale assez finement réglée et que j'enchaînais sur quatre années passées à San Francisco. On ne pouvait guère rêver changement plus radical, ni surtout changement plus radicalement inscrit dans l'Histoire en train de se faire. Mon attention ne s'est pas portée sur les grands mouvements historiques, pas davantage sur le passé de l'Égypte, encore moins sur les mystères fumeux qui enrobent la recherche archéologique lorsqu'elle prétend racoler le grand public. Tout cela m'a intéressé, mais ce n'est pas ce dont le voulais entretenir mes amis. Je souhaitais, plus banalement, leur donner un regard quotidien sur Le Caire, dire ce que je voyais avec mes yeux malhabiles et partisans d'occidental, et le faire avec une régularité de métronome qui garantissait une certaine présence des intermittences du cœur, des sautes d'humeur, des semaines creuses et des jours pleins.
nouvelles.
Roman
récit.
Cléopâtre... Pour les uns, une intrigante, accrochée au luxe d'un trône inutile. Pour les autres, l'archétype de l'Orientale ensorceleuse et perverse. " Un monstre fatal ", écrit Horace. " La pouliche du diable ", ajoute Shakespeare. Paradoxalement, alors qu'il ne reste presque rien d'elle, c'est la propagande forgée par Rome, qui la redouta, et par l'empereur Auguste, son vainqueur, qui a valu à la dernière reine d'Egypte une gloire ambiguë, auréolée de légende. Irène Frain a voulu retrouver la femme enfouie sous ces stéréotypes. Elle a découvert une femme politique de premier ordre, qui poursuivit avec les plus grands hommes de son temps - César, puis Antoine - le rêve de reconstituer l'empire d'Alexandre, d'unir l'Orient et l'Occident. Une femme de chair, aussi, qui fut mère et amante, qui rêva, aima, désespéra... Renouant avec ses études de lettres anciennes, accumulant une riche documentation, multipliant les voyages à Alexandrie, la romancière du Nabab et biographe de Devi a suivi pas à pas les traces de son héroïne, pour nous donner ce fabuleux portrait de la femme la plus dérangeante du monde antique. Pour tenir le pari de maintenir le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page, il fallait que le portrait de la première femme politique de l'histoire fût écrit tel un roman. Et comme romancière, Irène Frain est au mieux de sa forme.