Le vent paraclet
Autobiographie intellectuelle de Michel Tournier, faite de souvenirs, de commentaires sur son oeuvre et de réflexions. En particulier l'auteur "évoque chacune de ses étapes littéraires et nous livre sur ses différents romans des sources précieuses d'information". Un livre-confession qui en divers endroits devient le journal de bord d'un moraliste pour qui la littérature doit avoir deux vertus majeures: l'humour et la célébration. Ouvrage de première valeur. [SDM].
Les sept couleurs du vent
" Je cherche dans mes livres d'histoire une figure qui te ressemble : un artisan de l'errance, un arpenteur des vents qui, comme toi, s'est battu à coups d'outils pour le triomphe d'un chant d'amour. Ca fait peu de tapage, un chant d'amour. Et même quand il est porté par l'écho, il ne pèse pas trois plumes dans la marche de l'univers... " L'artisan à qui l'abbé Vernay adresse ce mot est son frère de lait, Sylvain Chantournelle, compagnon charpentier qui nourrit un rêve sans mesure : construire et promener de grandes orgues sur terre et sur mer, avec l'espoir secret que les traînées de musique qu'il répandrait de par le monde apaiseraient la folie meurtrière de son temps.
Un cannibale très convenable
Thomas Baudouin, français par sa mère et surtout par sa grand-mère Mado, américain par son père, Papa Dad, est un étudiant heureux de U.C.L.A., fasciné par son professeur de littérature comparée, Richard Baynes, et charmé par son copain noir, Pitch. Son service militaire au Vietnam sera plus qu'un intermède. La guerre, il la voit de loin, presque en touriste, bien installé au service de presse de l'armée américaine. Mais cette guerre, c'est aussi pour lui la découverte de l'horreur, la mort de Pitch, son frère, et une initiation amère au monde des adultes. De retour à la vie civile, Thomas reprend ses études, épouse Kate dont il a un fils, voyage, s'essaie à l'enseignement, rêve une oeuvre littéraire. Il écrit, effectivement, mais dans les journaux. Il quitte les Etats-Unis pour la France où il devient correspondant, et Kate restée à Los Angeles pour Mathilde. Il quitte enfin la presse écrite pour la télévision. Un autre regard sur le monde, sur le Vietnam où il retourne, sur l'Afrique en feu, sur le monde politique, sa pâture de journaliste... il a perdu le temps et le goût du rêve. Du pouvoir il découvre et l'attrait et les compromis. "Sais-tu à quoi les gens de ton espèce me font penser ? demande Richard Baynes à Thomas. Au Queequeg de Moby Dick : Malgré tous ses tatouages, c'était, dans l'ensemble, un cannibale très convenable. Tu es propre et convenable, présentable et de bonne compagnie. Mais comme tous les journalistes, tu dévores tes semblables tout crus. Et, tu ne t'en rends pas compte, tu te dévores toi-même."
J'ai vécu en ces temps
roman
Decembre 1943... Dans le Rouen-Paris qui le mène vers sa nouvelle affectation, le capitaine Rainer Wunder, 28 ans, officier de liaison de l'Armée de terre auprès de la Luftwaffe, après deux ans sur le front russe et une blessure, rencontre Hanna Ollenstein, 32 ans, Allemande, juive, communiste et résistante, qui prétend ètre Alsacienne et sonde les militaires Allemands dans les trains et les cafés.Cette histoire d'amour -- cinq jours et six nuits d'un bonheur absolu pour Rainer -- s'inscrit dans l'Histoire. Olivier Todd, narrateur de ce roman, mèle à cette fiction ses souvenirs d'occupation, des lettres et des journaux intimes. Il a également traqué des témoins et lui, qui avait alors une quinzaine d'années, raconte le lycée, ses premières amours, sa mère communiste, tout cela entremèlé d'autres souvenirs et enquètes menés après la guerre.Dans l'étrange atmosphère de ce Paris occupé, trahisons, arrestations et dangers de mort constants donnent à la narration une intensité particulière. A côté des personnages fictifs, on croise Picasso, Sartre, Florence Gould, Robert Desnos...
Des persiennes vert perroquet
"Amoureux de la belle Madame de Chasteller, Lucien Leuwen s'asseyait chaque nuit sur une borne, face à ses persiennes vert perroquet et fumait de petits cigares en pensant à elle - sans savoir qu'à l'abri de ces mêmes persiennes, Madame de Chasteller, qui l'aimait déjà " de toutes les forces de son âme", respirait à travers un tuyau de papier réglisse "qu'elle portait à ses lèvres comme Leuwen faisait de ses cigares".Je suis ici comme Leuwen sur sa borne, face à des persiennes fermées. Au hasard des rencontres et des curiosités, dix femmes vont s'y asseoir l'une après l'autre. Je n'ai pas de petit cigare. Elles n'ont pas de papier réglisse et le jeu s'inverse. C'est à moi d'entendre leur souffle et de respirer avec elles." Jacques TournierJacques Tournier, traducteur de Carson MacCullers et de Francis Scott Fitzgerald, a notamment publié : Retour à Nayack (Complexe), Jeanne de Luynes (Mercure de France) et Promenades Café (Belfond). Son dernier roman, La Maison déserte, est paru chez Calmann-Lévy en 1998.
Gilles & Jeanne
récit.
Les météores
LA Goutte D'or
Le coq de bruyère
contes et recits
Comment le Père Noël donnerait-il le sein à l'Enfant Jésus ? L'Ogre du Petit Poucet était-il un hippie ? Un nain peut-il devenir un surhomme ? Est-il possible de tuer avec un appareil de photographie ? Le citron donne-t-il un avant-goût du néant ? A ces questions - et à bien d'autres plus graves et plus folles encore - ce livre répond par des histoires drôles, navrantes, exaltantes et toujours exemplaires.
Le médianoche amoureux
C'étaient des statues sculptées dans le sable, d'une étrange et poignante beauté. Les corps se lovaient dans une faible dépression, ceints d'un lambeau de tissu gris souillé de vase. On songeait à Adam et Eve avant que Dieu vînt souffler la vie dans leurs narines de limon. Le rocher de Tombelaine émergeait de la brume. Suspendu comme un mirage saharien au-dessus des nuées, le Mont-Saint-Michel brillait de toutes ses tuiles vermeilles, de tous les vitraux de sa pyramide abbatiale.
Eleazar
En 1845, le pasteur Eléazar quitte son Irlande natale avec sa femme et ses deux enfants pour émigrer en Amérique, comme des milliers de ses compatriotes chassés par la grande famine. Débarquant en Virginie, il entreprend la traversée du continent pour gagner cette Californie qui se confond pour beaucoup avec la Terre promise. Parvenu dans le désert du Colorado, il lui semble qu'un voile se déchire devant ses yeux et qu'il lit pour la première fois la Bible. Sa propre aventure s'éclaire à la lumière du destin grandiose de Moïse. Il comprend que le drame de Moïse, c'était son déchirement entre le Buisson ardent, symbole du sacré, de la voix Yahweh, et les sources que ne cessent de lui réclamer les Hébreux pour leurs femmes, pour leurs enfants, leur bétail et leurs cultures. Un choix tragique s'impose entre la Source et le Buisson.
Fuir
[roman]
Paroles de laine
Un objet de beauté
La Grosse Femme, Thérèse, Edouard, Pierrette, Marcel : les lecteurs de Michel Tremblay connaissent bien tous ces personnages attachants dont les destins croisés tissent, depuis bientôt vingt ans, les Chroniques du Plateau Mont-Royal. Avec Un objet de beauté, une nouvelle pierre est ajoutée à l'édifice. A Montréal, au mois de mars 1963, alors que l'hiver donne ses derniers assauts, Marcel, un grand enfant de vingt trois ans, apprend que sa tante Nana est atteinte d'une grave maladie et que ses jours sont comptés. Comment cet enfant-fou, à la sensibilité exacerbée, habité par des visions et qui mène contre le réel une lutte dérisoire et permanente, réagira-t-il à ce nouveau coup du sort ? Avec ce sixième tome des Chroniques du Plateau Mont-Royal, Michel Tremblay fait une grande joie à ses lecteurs. Dans cet univers de désespoir tranquille, la résignation le dispute à l'âpre désir de s'élever et de rompre avec la spirale des éternels recommencements. Cependant, par la grâce et la tendresse du romancier, les Marcel, Albertine et Nana sont rachetés et accèdent à une grandeur qui les dépasse. Un objet de beauté jette les éclats sombres d'un grand roman ?
La grosse femme d’à côté est enceinte
La duchesse et le roturier
La cité dans l'oeuf
roman
Un ange cornu avec des ailes de tôle
récits
Le premier quartier de la lune
roman
Le 20 juin 1952, sur la rue Fabre. Avec le fils de la grosse femme, âgé de neuf ans, et son cousin épileptique, de cinq ans son aîné. Beaucoup de choses qui arrivent le même jour: l'été et le malheur (lequel des deux enfants survivra jusqu'au monde adulte?). Un réalisme dont la composante principale est l'exactitude dans l'émotion. Un roman très réussi, quoique sur le "mode mineur" et avec des redites, qui clôt le premier cycle des Chroniques du Plateau Mont-Royal. [SDM].
La nuit des princes charmants
Roman
Thérèse et Pierrette à l’école des Saint-Anges
Tête de cheval
roman
Le rossignol se tait à l’aube
Le premier accroc coûte deux cents francs
Mille regrets
L’inspecteur des ruines
Le grand jamais
Le cahier rouge
roman
À l'été de 1967, Montréal brille de tous ses feux pour accueillir l'Exposition universelle. Le général de Gaulle, se voulant le sauveur des cousins du Nouveau Monde, vient soudain mettre le feu aux poudres en prononçant son historique, " Vive le Québec libre ! " Voilà sur quel fond de scène Michel Tremblay, dans ce second volet des Cahiers de Céline, brosse à traits vifs et pétillants, emportés par un air de carnaval, une chronique du red-light de Montréal, la Main devenue le boulevard des Mille et une nuits et des Mille et un plaisirs, des plus interdits aux plus inavouables. La galerie de personnages qui vivent dans les coulisses sulfureuses du Boudoir, maison close pour hommes avertis, nous montre l'envers du décor : derrière la métropole grimée pour la fête, des destins ébréchés, des lignes de vie brisées et rapiécées parmi quelques instants de paradis volés à l'enfer des désirs.
Le cahier noir
roman
Au cœur du quartier latin de Montréal, Céline Poulin sert de nuit des hamburger platters et des spaghettis à la faune des étudiants paumés, des travestis, des putes et des folles de la Main, ce boulevard Saint-Laurent mal famé. En aidant une étudiante à passer une audition, elle met en marche une bombe à retardement. A fréquenter les aventuriers du théâtre des Saltimbanques, où un jeune metteur en scène prometteur monte Les Troyennes d'Euripide, Céline Moulin voit s'ouvrir devant elle un monde de faux-semblants et d'espoirs déçus, proche de l'incurie de sa mère alcoolique et tyrannique. Lorsque le metteur en scène veut lui confier le rôle de la suivante d'Hécube, le sort en est jeté. Entre le théâtre d'Euripide et celui de la Main de Montréal qui se prépare pour l'Exposition univerelle de 1967, le souffle balzacien de Michel Tremblay donne la parole à des personnages plus grands que nature, pour qui la vie est une comédie qui cache une tragédie cruelle et impitoyable.
Roses à crédit
La nature a beaucoup donné à Martine, les hommes peu. Elle est belle, elle a le rare don d'aimer. Mais à notre âge de nylon, elle est venue au monde dans des conditions de l'âge de pierre. Aussi le confort moderne, le cosy-corner, seront-ils son premier idéal, et le métier de manucure parmi les miroirs et les parfums d'un salon de coiffure suffit à ses rêves de beauté. Elle est en cela semblable à des millions d'êtres. Daniel Donelle, l'amour de Martine, est déjà au-delà de cet idéal électroménager. Rosiériste ; touché par l'aile de la science, il rêve à un rose nouvelle qui aurait la forme de la rose moderne, et le parfum inégalable de la rose ancienne. Un jour, Daniel créera la rose parfumée Martine Donelle, mais elle ne sera plus un hommage qu'à la souffrance.
Les égarés
roman
