La transécriture : pour une théorie de l'adaptation : littérature, cinéma, bande dessinée, théâtre, clip : Colloque de Cerisy
littérature , cinéma, bande dessinée, théâtre, clip
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les 175 maisons de la Gestapo en France
Un jour d'hiver à Hendaye, Dominique Sigaud admire une maison. "C'était la Gestapo", lui apprend son amie. Comment une ville si paisible, au bord de la mer, où les maisons symbolisent les vacances, peut-elle aussi avoir été le refuge de la Gestapo ? D'interrogations en recherches, l'auteur finira par retrouver les cent soixante-quinze maisons occupées par la Gestapo allemande en France. Ce livre des maisons, c'est l'histoire de la répression SS dans chaque département, des Juifs traqués, des résistants, des déportés. De ces anciennes chambres d'enfants abritant la réalité des tortures. C'est un hommage à l'humble France combattante. Et la terrible vérité sur ces bourreaux qui s'en sont sortis. Un livre rempli de photos de façades de maisons cossues, de visages des responsables nazis, ainsi que de résistants. Très documentée, une enquête nécessaire, une façon de restaurer la mémoire, de rendre justice.
Bretagne, Basse-Normandie, Pays de Loire, Poitou-Charentes, Vendée
Isabelle Soulard nous fait découvrir la vie quotidienne des femmes durant la Seconde Guerre mondiale. De l'Anjou à la Bretagne, de la Basse-Normandie aux Pays de Loire, du Poitou-Charentes à la Vendée, grâce à de multiples témoignages inédits, vivants et émouvants. Elle fait revivre ces femmes qui ont souffert sous la botte nazie, subi le rationnement, survécu grâce à leur courage. Elles ont connu la déportation et ont su trouver le courage de résister. Voici le livre qui manquait pour retracer l'histoire des femmes du Grand-Ouest, attentives parfois, héroïnes souvent, qui nous offrent ici une extraordinaire leçon de vie et nous interrogent: qu'aurions-nous fait à leur place ?
La cause du français est la cause de tous les Français. Et bien au-delà, la cause de tous ceux qui sont passionnément attachés à la richesse de son héritage et aux ressources de sa créativité. Sans doute, le français traverse-t-il une crise. Concurrencé par d'autres langues, miné par la dégradation de son usage courant, il est aussi menacé par d'autres modes de communication comme l'image ou l'informatique. Cependant, son génie est intact, ses défenseurs, à commencer par les écrivains, partagent la même détermination, et quoi qu'on dise, le nombre des francophones croît. Alors, déclin ou essor ? Ce livre ne traite pas de linguistique ni de bon usage. Il établit un bilan de santé et propose une thérapeutique. Parmi les objectifs à privilégier, comment à la fois préserver la qualité de notre langue et encourager sa vitalité ? Qui, de l'Etat, des enseignants, des journalistes ou de l'opinion, détient les vraies responsabilités ? Quels sont les moyens d'agir sans jamais dissocier la démarche nationale du point de vue international ? A ces questions complexes, il faut des réponses claires, mesurées, argumentées. La gravité de l'enjeu justifiait qu'elles soient livrées avec une conviction qui se veut persuasive, et dans un mouvement d'ardeur réfléchie, ou de réflexion emportée. Nul n'était mieux qualifié pour les apporter que Gabriel de Broglie, conseiller d'Etat, ancien vice-président du Haut Comité de la langue française, actuel président de la Commission nationale de la communication et des libertés, et lui-même écrivain.
une initiation à la linguistique
La Grammaire est une chanson douce est une fantaisie joyeuse. Jeanne, la narratrice, une jeune adolescente, pourraît être la petite soeur d'Alice, l'héroïne de Lewis Carroll, précipitée dans un monde où les repères familiers sont bouleversés. Avec son frère aîné, Thomas, elle voyage beaucoup : leurs parents sont séparés et vivent chacun d'un côté de l'Atlantique. Un jour, leur bateau fait naufrage et, seuls rescapés, ils échouent miraculeusement sur une île inconnue. Accueillis par Monsieur Henri, un musicien poète et charmeur, ils découvriront un territoire magique où les mots mènent leur vie : ils se déguisent, se maquillent, se marient. C'est une promenade dans la ville des mots, pleine d'humour et de poésie, où les règles s'énoncent avec légéreté. Les tribus de verbes et d'adjectifs, les horloges du présent et du passé s'apprivoisent peu à peu, au rythme des chansons douces de Monsieur Henri.
prix Nobel de la paix, 1887-1976 : père de la Déclaration universelle des droits de l'homme
l'éternelle affamée
Une enquête sur l'écrivaine, relevant les thèmes qui traversent son oeuvre (l'ennemi de l'intérieur, la dualité bourreau-victime, beauté-laideur, etc.) et la réception de la critique, très différente à l'étranger où on la considère comme une écrivaine majeure quand en France on insiste davantage sur le personnage singulier.
A l'occasion du quarantième anniversaire de la mort de Cocteau, une biographie qui suit le cheminement de sa vie et rend hommage à l'artiste complet qu'il était : écrivain, dessinateur, cinéaste, etc. Relate ses amitiés avec des personnalités du monde littéraire de l'entre-deux-guerres comme Anna de Noailles ou Tristan Tzara et ses histoires d'amour avec Jean Marais notamment.
de nouvelles missions pour l'Alliance française : actes du colloque, Paris, 14 octobre 1998
Où en est aujourd'hui la langue française dans le monde ? Pourra-t-elle maintenir ses positions face à la présence massive de l'anglo-américain dans l'économie, les sciences, la technologie, à la radio, à la télévision et sur les nouveaux réseaux de communication qui enserrent la planète ?
biographie, suivie de soixante-dix maximes, anecdotes, mots et dialogues inédits, ou jamais réédités
Ce fut l'homme aux 400 livres et aux 10 000 femmes. Personnage excessif, écrivain de génie, père du célèbre Maigret et d'une importante oeuvre romanesque purement romanesque, Simenon restera l'un des romanciers majeurs de ce siècle. Endossant les habits de l'inoubliable commissaire, Pierre Assouline a mené l'enquête : il a rencontré les témoins (la famille, les proches), s'est plongé dans les pièces à conviction (des archives inédites), s'est rendu sur les lieux où Simenon a vécu (Belgique, France, Suisse, Amérique), a épluché les preuves (l'oeuvre)... Quant au verdict, Pierre Assouline nous donne tous les éléments pour le prononcer. Simenon était à la fois fascinant et ambigu, simple et prodigue. Cette biographie critique fait ressortir les multiples facettes du personnage et brosse un portrait tout en nuances d'un écrivain hors du commun qui ne cesse de nous surprendre.
Voici le récit d'un destin multiforme vécu comme plusieurs romans à la fois ; celui de Sir Siegmund Warburg, un des hommes les plus influents du sonde, mais aussi un des plus discrets. Issu d'une très ancienne famille de banquiers juifs, Siegmund Warburg, devant la montée du nazisme, quitte son pays, l'Allemagne, pour Londres, avec son nom pour tout capital. Il invente alors les modes de financement des Alliés en guerre et contribue à briser eux de l'Allemagne. Après la guerre, il crée à Londres i propre banque qui deviendra la première banque 'affaires européenne et invente les principales techniques de la finance d'aujourd'hui. Egalement avant les autres, il voit se profiler l'impuissance de l'Europe, la rébellion du tiers monde, les difficultés d'Israël... A travers la vie de cette personnalité exceptionnelle, vigile d'un temps de barbarie, prince de la finance, ont l'obsession unique est de relever son nom et d'en prolonger l'influence au cœur des principaux cyclones e notre temps, Jacques Attali nous raconte l'histoire de notre siècle.
récit
Marseille 1917. Le petit garçon habite une maison du quartier populaire de Saint-Mauront. Sous la protection de la Bonne Mère, Baptistine, sa maman, et la tante Joséphine veillent sur lui avec un amour exigeant. De sa fenêtre, il est le spectateur des turbulences de la rue et jalouse les enfants qui jouent en liberté. Autour de cette forteresse d'innocence, Marseille n'est qu'une rumeur qui monte jusqu'à lui. Sous le soleil du Sud, c'est l'année des femmes en noir, l'année du doute, la guerre ne finira jamais. Le petit garçon, lui, demeure persuadé de la victoire. Son père a pour métier de sauver la France. Il regarde la photo du héros en uniforme de l'armée coloniale et son sabre, accroché au mur. Quand l'absence est trop lourde, le petit garçon décroche le sabre et le couche dans son lit. Il s'endort, sabre au côté. Dans ce récit d'enfance, Yvan Audouard n'hésite pas à laisser paraître, derrière la drôlerie, la tendresse et l'émotion qui l'habitent.
un intellectuel en politique
1859-1941
Cette success story n'est pas une histoire comme les autres : si le monde entier connaît Charles Aznavour le chanteur, et parfois l'acteur, peu ont la chance de connaître l'homme. Un homme qui n'a jamais oublié ses racines. Qu'il évoque l'Arménie, la bohème, les voyages, l'amour, l'amitié ou Hollywood, c'est un homme vrai et toujours humble qui, après soixante-neuf ans de carrière, revient sur son passé. Des moments drôles ou dramatiques, inattendus et émouvants, qui nous permettent de comprendre un peu mieux ce personnage emblématique du paysage culturel français.
Une naissance au secret, le 6 février 1932, une enfance quasi clandestine au foyer de parents hostiles, la vie de François Truffaut est d'emblée romanesque. Dans Paris occupé, c'est le temps des quatre cents coups, des amis pour la vie. Lecteur fébrile, spectateur ébloui, il voit et revoit des centaines de filins. À seize ans, il fonde un ciné-club et s'endette. C'est la rupture avec les parents, le centre de redressement, la prison militaire. Mais la personnalité fiévreuse de François Truffaut intrigue et séduit Genet, Cocteau et surtout André Bazin, qui l'accueille, lui permet d'écrire ,dans les Cahiers du cinéma. Très vite, le jeune autodidacte devient le critique vedette des années cinquante. Il rencontre les maîtres qu'il admire, Renoir, Ophuls, Rossellini, Hitchcock. "Le film de demain sera tourné par un aventurier", écrit-il dans Arts. Les quatre cents coups de l'enfance deviennent du cinéma et s'imposent comme un film-manifeste, François Truffaut est le fer de lance de la Nouvelle Vague, crée sa propre maison de production, les Films du Carrosse. Il est le metteur eu scène et l'ami des plus grandes stars, Jeanne Moreau, Françoise Dorléac, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Fanny Ardant. "Les films sont plus harmonieux que la vie", dira-t-il, mais c'est la vie, la sienne, l'homme sous ses multiples facettes, qui se laisse deviner à travers les personnages de ses vingt et un films : Antoine Doinel, l'adolescent des Quatre Cents Coups, le jeune homme de Baisers volés, le nouveau marié de Domicile conjugal, Ferrand, le metteur en scène amoureux des actrices de La Nuit américaine, Bertrand Morane, le séducteur de L'homme qui aimait Les femmes, julien Davenne, l'homme qui voue sa vie ait culte des morts, l'ami inconsolé de La Chambre verte. François Truffaut avait l'intention de raconter sa vie. C'est la raison de cette biographie, établie à partir des multiples témoignages de ses amis et de ses étonnantes archives personnelles, pour la première fois accessibles.
À jamais statufié, muet exilé à l'intérieur de lui-même, il jette toute sa vie dans ce carnet de voyage immobile parce qu'elle va finir dans peu de temps. Après son accident cardiovasculaire, Jean-Dominique Bauby est ce mort vivant qu'un seul battement de cils rattache encore au monde et à la confidente qui déchiffre, un à un, ses derniers mots. Adieu à la vie, dont les images dansent encore devant lui. Le visage d'une femme aimée, un air populaire, une nuit blanche à Saint-Pétersbourg ou un jour incandescent dans le Nevada, un film de Fritz Lang, les petits riens et les grandes espérances. Et puisqu'il faut quitter tout cela, autant le faire sans peur, et même avec le sourire. Le journaliste qu'il était a remis sa dernière copie, inoubliable lettre adressée à un pays inconnu.
La journée du mardi se passa bien. La nuit, maman fit des cauchemars. On me met dans une boîte, disait-elle à ma sœur. Je suis là, mais je suis dans la boîte. Je suis moi, et ce n'est plus moi. Des hommes emportent la boîte! Elle se débattait: Ne les laisse pas m'emporter! Longtemps Poupette a gardé la main posée sur son front: Je te promets. Ils ne te mettront pas dans la boîte. Elle a réclamé un supplément d'Équanil. Sauvée enfin de ses visions, maman l'a interrogée: Mais qu'est-ce que ça veut dire, cette boîte, ces hommes? - Ce sont des souvenirs de ton opération; des infirmiers t'emportent sur un brancard. Maman s'est endormie.
Philip K. Dick, 1928-1982
[texte intégral du manuscrit original]; suivi de textes inédits
Ou mon histoire ne verra jamais le jour, ou ce sera une vraie confession. Elle fera rougir des lecteurs qui n'auront jamais rougi de leur vie, car elle sera un miroir dans lequel de temps en temps ils se verront ...
De son vivant et au-delà, la personnalité de MarieAntoinette n'a cessé de susciter légendes, suppositions et calomnies. S'appuyant sur une lecture nouvelle et rigoureuse des sources, Simone Bertière restitue ici sa vérité psychologique et historique à la dernière de ses Reines de France. Ni douce ni soumise, Marie-Antoinette fut au contraire une femme rebelle aux servitudes écrasantes de sa fonction, aspirant à une vie indépendante et conforme à ses goûts. La volonté et l'énergie dont elle fit montre longtemps pour des objets frivoles - sources de son impopularité - lui valurent d'atteindre, dans les épreuves, à une authentique grandeur. Sa mère, l'impératrice d'Autriche, Louis XV vieillissant et la comtesse du Barry, Axel de Fersen, Mirabeau, et bien d'autres figures capitales de l'époque paraissent dans ces pages où revit un quart de siècle d'histoire, abordé hors de tout esprit partisan. Sur le roi Louis XVI, les documents analysés par Simone Bertière apportent des révélations et, pour la première fois, l'histoire du couple apparaît sous son vrai jour. Le Prix des Maisons de la Presse 2002 a couronné ce livre, sixième et dernier volume d'une fresque historique au succès croissant, qui a déjà valu à son auteur le grand prix d'histoire Chateaubriand - La Vallée-aux-Loups, le grand prix de la biographie de l'Académie française et le prix des Ambassadeurs.
« Enchaînée par le cou à un arbre, privée de toute liberté, celle de bouger, de s'asseoir, de se lever ; celle de parler ou de se taire ; celle de boire ou de manger ; et même la plus élémentaire, celle d'assouvir les besoins de son corps... J'ai pris conscience – après de longues années – que l'on garde tout de même la plus précieuse de toutes, la liberté que personne ne peut jamais vous ôter : celle de décider qui l'on veut être. » Même le silence a une fin raconte les six ans et demi de captivité d'Ingrid Betancourt dans la jungle colombienne aux mains des FARC. Récit intime d'une aventure qui ne ressemble à aucune autre, voyage hanté, palpitant du début à la fin, c'est aussi une méditation sur la condition des damnés – et sur ce qui fonde la nature humaine.
Pendant la guerre, Lesley Blanch rencontre à Londres un jeune aviateur français nommé Romain Gary de Kacew : c'est le début d'une histoire d'amour peu ordinaire qui va lui assurer le dépaysement dont elle raffole tant. Bien sûr, la brillante carrière diplomatique qu'accomplira son époux n'y est pas étrangère : de Sofia à New York, en passant par Berne, Los Angeles, La Paz, Paris, les Gary voyagent, s'étonnent et... déménagent dans tous les sens du terme, à défaut de marcher droit comme l'exigerait le protocole. Dès le premier regard, Lesley avait décelé chez son amant une troublante ressemblance avec Pouchkine, mais surtout, un personnage d'ores et déjà voué à un grand destin : idéaliste en politique quoique de plus en plus désenchanté, bohème mais hypocondriaque, despote dans le privé mais si séducteur dans les dîners officiels où il roule avantageusement les r et joue de son timbre slave, puissant et voilé, sans rien avoir à craindre de sa femme... Gary signera notamment deux chefs-d'œuvre : Les Racines du ciel (qui lui vaudra le prix Goncourt) et La Promesse de l'aube. Mais sa soif de reconnaissance, qui s'exacerbe au point de solliciter une publicité omniprésente et dérangeante, ne parvient pas à le rassasier comme il le croyait. Argent, célébrité, amour, rien n'y fera... il va succomber lentement mais sûrement au désespoir. Celle qu'il appelait " Lady L. " en témoigne ici, avec finesse et humilité.
"Une extraordinaire vie de comédien, à la rencontre des plus grandes figures du cinéma français." " Le ruisseau des singes est un endroit magique, niché au fond d'une vallée, près de Blida en Algérie. Pour l'atteindre, il fallait parcourir en voiture des kilomètres de route de montagne. Enfant, ce périple me rendait malade... Ce ruisseau est finalement devenu la métaphore de ma vie : se dépasser, se battre pour accéder à un bonheur simple fait de lumière et de douceur... D'autant que mon père, militaire de carrière, s'opposa longtemps à ma vocation de comédien et me répéta tout au long de mon enfance : quand tu seras grand, que tu auras fini tes études, tu feras ce que tu voudras. Et même le singe, si tu veux ! " (J.-C. B.)
Dans cet ouvrage "Ma vie", le seul livre qu'il ait jamais écrit, Marc Chagall raconte son enfance, sa jeunesse et ses années d'apprentissage jusqu'en 1922.
Nom : Broussard Prénom : Robert Né le 24 avril à Aulnay de Saintonge (Charente-Maritime) Profession : Commissaire de police. Signes particuliers : A fait son entrée dans la " grande maison " par la petite porte - commis aux écritures au commissariat d'Argenteuil. A gravi ensuite les échelons un à un avant d'arriver en 1971 dans le saint des saints, 36, quai des Orfèvres... à l'antigang. Personnage controversé et souvent critiqué. Evoque dans ce livre les grandes affaires de sa carrière : l'assassinat de Jean de Broglie, l'enlèvement du baron Empain, ses raports avec les truands de renom : Besse, Willoquet et surtout Mesrine, au sujet duquel il s'explique longuement pour répondre aux nombreuses attaques dont il a été l'objet... " amateurs de romans policiers, cornez votre Série noire préférée et ouvrez le " Broussard ", vous ne serez pas déçus ! " Frédéric Thiriez - " Le Monde ".
Née avec le siècle dans un petit village des Hautes-Alpes, Emilie Carles est la seule, des six enfants de sa famille, à poursuivre des études. Et à quel prix ! Pas question, chez ces paysans obligés de travailler d'arrache-pied pour survivre, de se passer d'une paire de bras valides. Les journées d'Emilie sont donc doubles : aux champs et à l'école. A 16 ans, elle quitte sa vallée pour Paris, afin d'obtenir son diplôme d'institutrice. Monde nouveau, idées nouvelles. Revenue enseigner au pays, Emilie apprend à ses élèves la tolérance, le refus de la guerre et la fierté de leurs traditions paysannes... Un certain sens de la dignité qu'elle défendra tout au long de son existence.
Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents, puis tenté, mais en vain, de se tuer lui-même. L'enquête a révélé qu'il n'était pas médecin comme il le prétendait et, chose plus difficile encore à croire, qu'il n'était rien d'autre. Il mentait depuis dix-huit ans, et ce mensonge ne recouvrait rien. Près d'être découvert, il a préféré supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Je suis entré en relation avec lui, j'ai assisté à son procès. J'ai essayé de raconter précisément, jour après jour, cette vie de solitude, d'imposture et d'absence. D'imaginer ce qui tournait dans sa tête au long des heures vides, sans projet ni témoin, qu'il était supposé passer à son travail et passait en réalité sur des parkings d'autoroute ou dans les forêts du Jura. De comprendre, enfin, ce qui dans une expérience humaine aussi extrême m'a touché de si près et touche, je crois, chacun d'entre nous.