J'ai nom sans bruit
" J'habitais dans la rue, certes, mais je restais la même femme. Je n'étais pas folle, ni mal élevée, j'avais un peu de culture et je savais réfléchir, j'étais capable d'échanger des idées, à plus forte raison des banalités. Mais non, personne ne désirait bavarder avec moi. Etait-ce parce que j'étais sale ? Mal habillée ? De quoi avaient peur ceux qui se détournaient, vaguement offusques ? Ils vivaient dans un monde et j'en étais exclue, cela suffisait à empêcher le moindre dialogue. Ils se réveillaient le matin dans leur lit et prenaient leur café dans la cuisine, je me réveillais tout habillée sur le trottoir et ne buvais plus jamais de café, ils descendaient dans la rue pour aller travailler, je ramassais mes affaires et levais le camp à la recherche d'une autre rue ou m'ennuyer des heures durant. Ils se dépêchaient déjà, plongés dans l'excitation d'une nouvelle journée qui commençait, je traînais les pieds, écrasée dès le matin par l'indigence de ma condition et l'absence de toute perspective. "
Asiles de fous
roman
Quatre personnages : un père, une mère, leur fils et la femme de celui-ci. Le père, sous le prétexte de changer un robinet qui fuit, vient annoncer à sa belle-fille que son fils a pris la décision de la quitter. Le lecteur va alors se trouver dans la tête des quatre protagonistes qui vont être, tour à tour, les quatre narrateurs du roman.
Deux Saisons En Paradis
La Marche Du Fou
Portrait D’un Seducteur
Féroces infirmes
roman
"Jean-Paul Aerbi est mon père. Il a eu vingt ans en 1960, et il est parti en Algérie, envoyé à la guerre comme tous les garçons de son âge. Il avait deux copains, une petite amie, il ne les a jamais revus. Il a rencontré ma mère sur le bateau du retour, chargé de ceux qui fuyaient Alger. Aujourd'hui, je pousse son fauteuil roulant, et je n'aimerais pas qu'il atteigne quatre-vingts ans. Les gens croient que je m'occupe d'un vieux monsieur, ils ne savent pas quelle bombe je promène parmi eux, ils ne savent pas quelle violence est enfermée dans cet homme-là. Il construisait des maquettes chez un architecte, des barres et des tours pour l'homme nouveau, dans la France des grands ensembles qui ne voulait se souvenir de rien. Je vis avec lui dans une des cités qu'il a construites, mon ami Rachid habite sur le même palier, nous en parlons souvent, de la guerre et de l'oubli. C'est son fils Nasser qui nous inquiète : il veut ne rien savoir, et ne rien oublier. Nous n'arrivons pas à en sortir, de cette histoire."--Page 4 of cover.
Baby-Foot
Le Cavalier De La Terre Promise
L’Espion De Dieu
La jeune fille au pair
Quelques années après la Libération, une jeune Allemande, Wanda Schomberg, arrive à Paris et se place comme fille au pair dans une famille juive de Montmartre, les Finkelstein. Un choix délibéré : elle espère pénétrer dans cette communauté, et connaître de près ces gens que les nazis destinaient à l'extermination. Assez vite des liens de confiance et d'amitié se tissent entre Wanda et les Finkelstein. Pourtant, Wanda disparaît de temps en temps, pour quelques jours, sans motif connu. Quel est le secret qui hante sa vie? Sur des thèmes qui n'ont rien perdu de leur actualité, l'auteur du best-seller Un sac de billes - mais aussi de Tendre été et d'Abraham Lévy, curé de campagne - mêle l'émotion au sourire, dans un récit où l'apprentissage de la fraternité humaine débouche sur une véritable conversion intérieure.
Un nomade casanier
Gil Jouanard - découvert en ses jeunes années par René Char - n'a cessé de semer sur son chemin, depuis un bon quart de siècle, de minces volumes d'une prose à tonalité poétique (une trentaine de titres publiés chez divers éditeurs - surtout chez Verdier et Fata Morgana). Ses lecteurs fidèles seront surpris de le voir aujourd'hui changer brusquement de genre et passer au récit (presque au roman) avec cette autobiographie " picaresque " riche de sève et de rencontres, composée dans un registre à la fois classique et déroutant - au rebours des modes et du nombrilisme actuel. Une " fiction vraie " (Jouanard raconte sa vie comme si c'était celle d'un autre), richement nourrie d'enfance., dont le héros très peu héroïque serait parfois semblable au Candide de Voltaire, d'autres fois au Plume de Michaux.
La bibliothèque de Hans Reiter
roman
Il est comme d'habitude complaisamment érudit - presque trop -, le dernier opus de Jean-Yves Jouannais, hanté par la guerre et ses absurdités, ses incongruités et ses mystères. Mais il raconte une histoire. Evidemment bizarre à travers ses myriades de citations historiques et littéraires de tout poil. Un passionné de récits militaires y court les ventes aux enchères pour enrichir sa collection et celles de ses clients. Et voilà qu'il tombe par hasard sur l'étrange et apparemment disparate collection de l'énigmatique Hans Reiter. Une page y a été arrachée à chaque livre ... Pourquoi? Comment? C'est ce qu'on va découvrir au milieu de jubilantes et effarantes anecdotes, de personnages inquiétants et hallucinés au bord du fantasme et du rêve. A moins que ce ne soit un cauchemar? Le fameux millionnaire autrichien disparu - Hans Reiter - voulait prouver que toute guerre - y compris celle de 1939-1945 - commence souvent comme une blague. Tragique. Mais qu'on aurait pu arrêter. A condition de savoir en rire. Et comprendre avec humour nos besoins intimes d'en découdre avec nos vides, absences et impuissances. Salutaire, aujourd'hui, la fable de Jouannais? - Fabienne Pascaud (Télérama).
L'inattendu
Ce recueil de textes très courts constitue, en bonne partie, la suite et l'approfondissement de "L'année de l'éveil". Un petit paysan adopté, devenu enfant de troupe, relate ses peurs, ses rares joies, ses moments d'abandon et de douceur.
L’amour Profane
Une Si Juste Mort
L’Equipage
Makhno et sa juive
Dans un café parisien, un réfugié russe raconte une étrange histoire : celle du bandit Makhno, célèbre pour sa cruauté et sa soif de sang, qui fut un jour envoûté par la pureté d'une jeune fille juive et la fière résistance qu'elle lui opposait. Séduit par son passé, si proche du sien, et touché par son innocence, le cruel Makhno se laissa aller à l'amour...
Les Amants Du Tage
Nouveaux Contes
PASSANTE DU SANS-SOUCI
Le Bataillon Du Ciel
Pour L’Honneur
L'aventure ambiguë
récit
De manière significative L'aventure ambiguë, histoire d'un itinéraire spirituel, porte en sous-titre récit. Ce qui frappe en effet le lecteur de ce livre, c'est le classicisme dû autant à la retenue du ton qu'à la portée universelle de la réflexion philosophique. Sans doute l'auteur oppose-t-il à la pensée technique de l'Occident, essentiellement tournée vers l'action, la pensée de l'Islam, repliée sur elle-même, mais, au-delà de cette confrontation, c'est finalement le problème de l'existence qui est posé. On voit par là comment Cheikh Hamidou Kane, échappant à la donnée temporelle et politique de son sujet, l'angoisse d'être noir, débouche sur une réflexion qui nous concerne tous : l'angoisse d'être homme.
Naissance d'un pont
"A l’aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c’est un autre homme qui sort des bois, c’est un homme hors de lui, c’est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d’acier, irise les nappes d’hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte. » Ce livre part d’une ambition à la fois simple et folle : raconter la construction d’un pont suspendu quelque part dans une Californie imaginaire à partir des destins croisés d’une dizaine d’hommes et femmes. Un roman-fleuve qui brasse des sensations et des rêves, des paysages et des machines, des plans de carrière et des classes sociales, des corps de métiers et des corps tout court." -- Contracubierta.
La vie à l'endroit
roman
Alger, 26 mai 1995. Finale grandiose de la Coupe d'Algérie. Le C.R. Belcourt, le club de foot algérois, l'emporte dans une atmosphère de folie. La foule en délire réveille la ville entière et l'associe à la liesse. A la tête des supporters, un nain fantasque en habits excentriques, Yamaha, la mascotte du club, dirige magistralement ses troupes qui, jusque tard dans la nuit de Belcourt, le quartier le plus populaire de la ville, bravent le couvre-feu. Prises de court, les autorités le lèveront définitivement. Depuis sa fenêtre, un homme assiste au spectacle. Menacé par les terroristes, il est condamné à la clandestinité. Vivant avec Flo, une Française, médecin ,il en est séparé par la terreur religieuse qui s'est abattue sur Alger et qui va assassiner Yamaha, coupable de gaieté partagée, ultime rempart contre le monde des ténèbres. Rachid Boudjedra, dans une langue rauque et éblouissante, nous donne un roman qui raconte trois mois de la vie d'une femme et d'un homme entre la peur et le courage ordinaires. D'origines différentes, ils affrontent leurs destins mêlés qui les font vivre intensément dans une Algérie en butte à la barbarie.
Les agneaux du seigneur
L'attentat
roman
Dans un restaurant bondé de Tel-Aviv, une femme fait exploser une bombe qu'elle dissimulait sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine, Israélien d'origine arabe opère à la chaîne les innombrables victimes de cet attentat atroce. Au milieu de la nuit, on le rappelle d'urgence à l'hôpital pour lui apprendre sans ménagement que la kamikaze est sa propre femme.
Ce que le jour doit à la nuit
Roman
Algérie, dans les années 1930. Les champs de blés frissonnent. Dans trois jours, les moissons, le salut. Mais une triste nuit vient consumer l'espoir. Le feu. Les cendres. Pour la première fois, le jeune Younes voit pleurer son père. Et de pleurs, la vie de Younes ne manquera pas. Confié à un oncle pharmacien, dans un village de l'Oranais, le jeune garçon s'intègre à la communauté pied-noire. Noue des amitiés indissolubles, françaises, juives : "les doigts de la fourche ",,comme on les appelle. Et le bonheur s'appelle Emilie, une "princesse" que les jeunes gens se disputent. Alors que l'Algérie coloniale vit ses derniers feux, dans un déchaînement de violences, de déchirures et de trahisons, les amitiés se disloquent, s'entrechoquent. Femme ou pays, l'homme ne peut jamais oublier un amour d'enfance...
